Raven Starblood

July 24, 2011

Rabbits - Lower Forms (2010)


Dieu des léporidés (je voudrais voir sa tronche à celui-ci, avec ses grandes oreilles, ça nous changerait de nos barbus), ce groupe de Portland réussit le tour de force d’être à la fois sludge, punk et noise, sans sacrifier aucune des qualités de chacun de ces styles (si si, ils en ont, arrêtez d’être sarcastique). Oui, il y a du Buzzov.en, du Bastards et du FuManChu (notamment sur « Burn Sun Burn ») là-dedans, mais aussi une énergie incroyable qui ressemble à celle du meilleur punk (comme sur « We Beat », qui en est du pur), et aussi parfois quelque chose de l’approche expérimentale du noise à la Daughters ou Lightning Bolt. Mais ne vous inquiétez pas, ça reste les deux pieds dans la glaise, émétique et jaculatoire comme vous (et moi) aimez. Lower Forms est l’un de ces albums dont on se dit qu’il sera dur à réitérer par ses auteurs, car habité par une folie, une spontanéité, un affranchissement des références qui ne peuvent hélas surgir que d’une osmose dont la magie est souvent éphémère. Et puis il y a, comme sur tout grand disque qui nous respecte, ces morceaux qui tutoient les cimes. Ici c’est « Invisibugs », avec son riff lancinant comme une sciatique, et ce côté chant tribal qui vous soulève du sol, un peu comme si Sham 69 et Neurosis avaient décidé de créer l’ultime morceau du siècle. On ne peut pas avoir survécu à cette année sans avoir entendu une telle tuerie. A noter pour les réfractaires aux morceaux qui s’étalent, se distendent et s’éternisent, que Rabbits ne dépasse qu’exceptionnellement les 5 min, ce qui du coup fait que l’on sort de cet album groggy et stupéfait par la variété d’ambiances (enfin plutôt secouantes les ambiances, j’avertis) par lesquelles on nous a fait passer (psychédéliques sur « The Flow Below » par exemple). Je ne sais pas pourquoi ils ont choisi ce nom stupide (je leur suggère de faire une reprise de « The Hunter », pour justifier un peu ce choix), peut-être un gag, mais pourtant rien de gagesque dans cet album qui ravira à la fois les sevrés du sludge et du stoner des années 90, et même ceux de l’écurie Amphetamine Reptile. En tout cas, à ce jour, c’est déjà un des albums sur la liste de ceux qui compteront.


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