Raven Starblood

July 19, 2011

Consciousness Removal Project - Did You Ever Think It's The End Of The World? (2010)


Ce « groupe » Finlandais (je ne dis pas que j’ai une envie folle d’y aller en villégiature estivale, mais j’ai quand même l’impression qu’il y a de quoi passer une bonne flanquée de soirées à voir des groupes exceptionnels dans ces terres austères), apparemment conduit par un jeune homme du nom de Antti Loponen (il compose tout et joue de la plupart des instruments), produit le meilleur doom atmosphérique que j’ai entendu depuis Omega Massif. Qui plus est, il a l’audace d’utiliser des instruments particulièrement inhabituels dans ce style tels que le piano électrique (sur « Permanently »), le sax (sur « The Reclusive Road ») ou l’orgue (sur « The Ship ») mais qui, étrangement, sonnent absolument naturels tant ils s’insèrent judicieusement dans l’agencement sonore construit. Et avec tout cela, il innove en créant, ce que je ne pensais plus possible, c’est-à-dire de nouveaux riffs et des thèmes absolument sublimes dans un genre pourtant surpeuplé par les imitateurs plus ou moins inspirés de Mogwai ou de Pelican. Ne pas imaginer pour autant de la broderie qui oublierait que le doom est un matériau rêche et abrasif. Non, malgré ce surprenant don pour la nuance, quand la violence saisit, elle prend à la gorge, et comme le meilleur Neurosis, va jusqu’au bout de son propos quitte à laisser sa proie (en l’occurrence nous, mais peu importe, pour une fois qu’on peut en éprouver du plaisir) exsangue. Quand, comme sur « Permanently », l’easy listening fricote avec le dark metal. Et puis avec « The Ship », ce garçon nous offre LE thème de l’année (2010), celui qu’il nous semble devoir conserver pour le grand départ, quand l’ultime dose de morphine glissera dans la perfusion, histoire de partir en bonne compagnie, la voix aérienne de Laura Dziadulewicz nous tenant par la main. Pas de remplissage, pas de complaisance, un génie pour installer des atmosphères mystiques et magiques qu’on ne pensait plus retrouver depuis la fin des années 60, bref, on tient là un disque exceptionnel. J’aimerais pouvoir vous dire d’acheter cet album mais (encore une étrangeté) il n’est que téléchargeable gratuitement sur leur bandcamp (voir lien ci-dessous). Quand tant prennent leurs chiures doom pour du grand art dont ils se sentent propriétaires et qui prennent l’éventuel auditeur pour un locataire qui doit banquer, cette attitude mérite d’être soulignée et force le respect. PS. Depuis, un autre LP est sorti. Commencez toutefois par celui-ci.

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