Raven Starblood

July 3, 2011

Batillus - Furnace (2011)


Ces New Yorkais font paraître ici leur premier album (avant, juste 3 EP et un split avec Hallowed Butchery). Et ils tapent dur d’entrée. Ici, on n’est pas tout à fait dans le sludge, mais dans un metal noise qui emprunte beaucoup au post-rock à la Neurosis ou Pelican, sauf que la dimension céleste y est moins patente que celle de la glaise où notre dépouille finira son éternité avant dissolution. Car la voix, tout comme celle d’Indian et de Weedeater, ne fait aucun effort pour produire un chant digne de ce nom, et les hurlements gutturaux dominent. Le premier morceau de ce carnage auditif (" ...And the World is as Night to Them") est d’une lenteur de batracien mazouté et nous laisse comme englués. Mais la particularité de cet album est que le groupe ose le polystylisme puisque dès « Deadweight » il est clair que Godflesh est la référence tant on pourrait croire le riff issu de Streetcleaner. Il semble que les anglais bénéficient d’un retour en grâce dans le mouvement, car pendant une décennie son influence s’était faite assez discrète, alors qu’elle revient au travers de plusieurs groupes récents. Je ne sais si je m’en réjouis car j’ai toujours trouvé l’agencement Godflesh trop métronymique et monotone, mais quand c’est rendu avec une telle puissance, je n’ai pas le cœur à me plaindre. Autre surprise, plus inattendue encore, l’adoption sans complexe du black metal à la Xasthur sur "Uncreator". Je ne vais pas user de comparaisons un peu osées, mais on n’est pas loin d’une version metal de ce que Dylan fait depuis quelques albums, une revisitation des différents genres qui ont marqué l’histoire (c’est plus un peu con qu’osé comme comparaison mais passons). En tout cas, sur "What Heart", ils font cette fois un crochet vers le doom le plus old school (type Penance), mais par chance, en y apportant la touche sludge qui évite tout passéisme lourdingue qui encombre hélas un peu les labels doom. Avec l’outroït de l’album, "Mautaam", ils plongent entièrement cette fois dans l’héritage Khanatien, et oui, je vous ai dit, la marque de ce groupe restera longtemps gravée dans ce qui se créera de mieux dans cette musique, et il est bien possible qu’après Black Sabbath et les Melvins on lui accorde un rôle généalogique majeur d’ici quelques décennies. En attendant, un album prometteur. Vous pouvez le tlc ici et puis ensuite aller acheter le vinyl 180 g .




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